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dimanche 19 avril 2009

Le retour de Pomponnette

"C'est assez lent, une vache. Faut qu'elle comprenne qu'elle meurt."

Extrait du livre ci-dessous.

bougain_lecteur

Mon beloved bougainvillier a aimé. Il a (fleu)ri.


 Imaginons que nous sommes en mars 2004. Imaginons que vous avez vingt ans et presque toutes vos dents.
 
Imaginons que vous embarquez à bord d'un avion à destination de Francfort ; retour en France prévu dans cinq mois. A la peur du grand saut vers l'inconnu (vie nouvelle, nouvelle ville) s'ajoute celle de mourir dans d'atroces mais brèves souffrances, si votre avion s'écrase, avec la chance que vous avez.  Vous essayez de vous rassurer en repensant à une étude selon laquelle  il est statistiquement plus risqué de voyager en voiture qu'en avion.
 
Vous ouvrez un quotidien-national-qui-noircit-les-doigts, en vous disant que ça vous changera les idées.
Loupé.
Dans le journal, on ne parle que de l'Espagne qui se remet comme elle le peut de l'attaque terroriste dont elle a été la cible quelques jours plus tôt. La veille, sur le coup de midi, une minute de silence a été respectée à travers toute l'Europe, en hommage aux victimes. L'inquiétude monte : on réalise que plus personne n'est à l'abri. Tout pays sera désormais susceptible de connaître son 11 septembre. N'importe où, n'importe quand. A qui le tour ?
 
Vous refermez le journal, espérant seulement que le 11 septembre allemand n'aura pas lieu aujourd'hui à Francfort.
Boooon.
 
Vous tentez de vous détendre, vous fredonnez "on ira pendre notre linge sur la ligne Siegfried". Vous riez jaune. Vous avez les mains moites.
 
Puis vous vous rappelez que vous avez eu la bonne idée de glisser un roman dans votre bagage à main,  avant de partir.  Vous ne connaissez presque rien de son auteur, vous n'avez qu'une vague idée du sujet abordé. Quelques semaines avant le départ, vous avez découvert le site web de cet écrivain (ou était-ce juste une interview ?) par hasard, en cherchant des informations sur un concours de  nouvelles. Vous avez bien ri ; vous avez pioché le titre qui vous inspirait le plus dans sa bibliographie puis vous êtes parti le commander chez  le libraire le plus proche.
 
Et voilà, ce roman, vous l'avez entre les mains.
 
Vous entamez la lecture et soudain, tout va mieux. Vous retrouvez dans ces pages ce que vous aviez aimé chez Signé Furax et la Rubrique-à-brac... avec un petit quelque chose en plus.
Vous souriez. Vous pouffez. Vous respirez.
Même plus envie de mordre une hôtesse.

air_francesucre

 

Imaginons qu'un an plus tard (de retour en France, donc),  il vous vient l'envie de relire ce roman. Vous le cherchez dans votre bibliothèque et là... Pouf ! Envolé, le livre. Introuvable. Vous retournez votre petit appartement, façon cambriolage musclé, vous videz et revidez tout, rien à faire. Il n'est plus là. A la première occasion, vous filez chez vos parents pour fouiller dans votre chambre d'ado. Rien. Vous fouillez dans le grenier - ne sait-on jamais. Rien.
 
Peut-être l'avez vous égaré dans le déménagement entre l'Allemagne et la France ?
 
Quatre ans passent, vous avez fini par faire une croix sur ce roman. Ce n'est qu'un livre, après tout. D'accord, vous y teniez, mais il y a d'autres poissons dans l'océan et d'autres rats dans la bibliothèque... 
Oui, mais ça vous ÉNERVE.
Ca vous énerve d'autant plus que vous ne pouvez même plus vous en procurer un nouvel exemplaire : le roman n'est plus disponible à la vente.
 
Mais un beau jour... 

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Un beau jour, j'ai fini par me rappeler que ce fameux livre, La santé par les plantes de M'sieur Mizio, je l'avais tout simplement prêté à une amie. J'ai eu récemment la confirmation qu'il était toujours chez  elle et c'est ainsi que j'ai pu le récupérer vendredi dernier.
Ses pages sont moins blanches que dans mes souvenirs, il a vieilli dans une autre bibliothèque que la mienne. Mais punaise... quel soulagement !
 
Dans la niaise euphorie des retrouvailles, je l'ai relu d'une traite. Je crois bien que j'ai autant ri que la première fois.

 

NB : certains des livres de Monsieur Mizio ne sont plus officiellement disponibles à la vente, mais vous pouvez encore  les commander en vous adressant à l'auteur (si j'ai bien compris, ce  qui n'est pas certain, vu que je comprends toujours tout de travers, comme vous le savez).
La vente directe, y'a qu'ça d'vrai. Le vin est toujours meilleur quand il a encore le parfum de la sueur du vigneron (et pas celui de l'eau de toilette du vendeur de chez Leclerc-vins).

Posté par Lennie Greyhound à 15:03 - Ecrits - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    Ah tiens, c'est tune idée, ça

    Je devrais essayer sur mon gardenia, l'est vraiment pas en grande forme...

    Je vais contacter le vigneron indépendant pour y commander l'ouvrage

    Posté par Frem', samedi 25 avril 2009 à 17:02
  • Sinon y'a un truc qui marche bien : deux verres de cognac tous les soirs (un pour le gardenia, un pour le jardinier...). A éviter si le gardenia a le foie fragile :)

    Posté par la bretonne, dimanche 26 avril 2009 à 10:47

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