28 avril 2009
Autoportrait - "tête de chien", avril 2009
Un jour quelqu'un de mon entourage m'a dit, très agacé :
"Mais arrête de faire cette tête de cochon !"
Bien. Soit.
Le souci, c'est que justement, à ce moment précis, je ne faisais absolument pas la tronche. J'étais même de relativement bonne humeur. C'était mon visage normal, en somme. Expression neutre.
Je me suis souvenue qu'au collège, certains m'avaient surnommée le bouledogue. Et je me suis dit que s'ils n'avaient pas le sens du compliment, ils avaient au moins le sens de l'observation.
J'ai pleuré.
Et pour le coup, j'ai vraiment fait une tête de cochon.
Ca vous forge une modestie, ce genre de bricoles.
Taj Mahal - cakewalk into town
25 avril 2009
La voix (et l'accent...) du maître
24 avril 2009
Croisement de plumes
Montherlant, tous feux éteints
"Lorsque je mourrai, on trouvera encore des raisons pour montrer que je ne suis pas mort comme il fallait."
Julien Gracq, Carnets du grand chemin, à propos de Montherlant
"Quand je le croisais dans la rue, ou au restaurant du quai Voltaire vers la fin de sa vie, son regard avait l’air de vous dire clairement : « C’est vrai, je suis cette vieillesse et cette déchéance amère, et je n’en dissimule plus rien, et je suis pourtant à mille lieues au-dessus de vous, et de quiconque, et il y a une conspiration du monde pour empêcher qu’on le proclame partout à son de trompette. » "
2005. Une fois de plus, le hasard était d'humeur joueuse. Deux livres empruntés le même jour, choisis comme ça, à l'instinct, en flânant dans une bibliothèque universitaire.
Et il a fallu que leurs auteurs se croisent au détour d'une page.
21 avril 2009
Courtoisie
"Crève, charogne."
"- Merci, toi aussi !"

2004. Je venais d'achever un mémoire et ce mémoire m'avait achevée. J'avais eu cette image en tête : nous étions tous deux le bourreau de l'autre.
Gribouillé ce matin.
19 avril 2009
Un coucher de soleil, un bon thé, un Kerouac
"Ne pense pas. Va ton chemin en dansant. Rien de plus facile au monde. Même la marche en terrain plat est plus dure, à cause de sa monotonie. Chaque pas pose de petits problèmes passionnants et pourtant le corps n'hésite jamais, il se retrouve perché sur une pierre qu'il a choisie sans raison particulière. Cela tient du Zen le plus pur."
Jack Kerouac, Les clochards célestes
Toujours bon de prendre l'air chez Kerouac, quand on étouffe chez soi.
Le retour de Pomponnette
"C'est assez lent, une vache. Faut qu'elle comprenne qu'elle meurt."
Extrait du livre ci-dessous.
Mon beloved bougainvillier a aimé. Il a (fleu)ri.
Imaginons que nous sommes en mars 2004. Imaginons que vous avez vingt ans et presque toutes vos dents.
Imaginons que vous embarquez à bord d'un avion à destination de
Francfort ; retour en France prévu dans cinq mois. A la peur du grand
saut vers l'inconnu (vie nouvelle, nouvelle ville) s'ajoute celle de
mourir dans d'atroces mais brèves souffrances, si votre avion s'écrase,
avec la chance que vous avez. Vous essayez de vous rassurer en
repensant à une étude selon laquelle il est statistiquement plus
risqué de voyager en voiture qu'en avion.
Vous ouvrez un quotidien-national-qui-noircit-les-doigts, en vous disant que ça vous changera les idées.
Loupé.
Dans le journal, on ne parle que de l'Espagne qui se remet comme elle
le peut de l'attaque terroriste dont elle a été la cible quelques jours
plus tôt. La veille, sur le coup de midi, une minute de silence a été
respectée à travers toute l'Europe, en hommage aux victimes.
L'inquiétude monte : on réalise que plus personne n'est à l'abri. Tout pays sera désormais susceptible de connaître son 11 septembre.
N'importe où, n'importe quand. A qui le tour ?
Vous refermez le journal, espérant seulement que le 11 septembre allemand n'aura pas lieu aujourd'hui à Francfort.
Boooon.
Vous tentez de vous détendre, vous fredonnez "on ira pendre notre linge
sur la ligne Siegfried". Vous riez jaune. Vous avez les mains moites.
Puis vous vous rappelez que vous avez eu la bonne idée de glisser un
roman dans votre bagage à main, avant de partir. Vous ne connaissez presque rien de son auteur, vous n'avez qu'une vague idée du sujet
abordé. Quelques semaines avant le départ, vous avez découvert le site
web de cet écrivain (ou était-ce juste une interview ?) par hasard, en cherchant des informations sur un
concours de nouvelles. Vous avez bien ri ; vous avez pioché le titre
qui vous inspirait le plus dans sa bibliographie puis vous êtes parti
le commander chez le libraire le plus proche.
Et voilà, ce roman, vous l'avez entre les mains.
Vous entamez la lecture et soudain, tout va mieux. Vous retrouvez dans
ces pages ce que vous aviez aimé chez Signé Furax et la Rubrique-à-brac... avec un petit quelque chose en plus.
Vous souriez. Vous pouffez. Vous respirez.
Même plus envie de mordre une hôtesse.
Imaginons qu'un an plus tard (de retour en France, donc), il vous vient
l'envie de relire ce roman. Vous le cherchez dans votre bibliothèque et
là... Pouf ! Envolé, le livre. Introuvable. Vous retournez votre petit
appartement, façon cambriolage musclé, vous videz et revidez tout, rien
à faire. Il n'est plus là. A la première occasion, vous filez chez vos
parents pour fouiller dans votre chambre d'ado. Rien. Vous fouillez
dans le grenier - ne sait-on jamais. Rien.
Peut-être l'avez vous égaré dans le déménagement entre l'Allemagne et la France ?
Quatre ans passent, vous avez fini par faire une croix sur ce roman. Ce
n'est qu'un livre, après tout. D'accord, vous y teniez, mais il y a
d'autres poissons dans l'océan et d'autres rats dans la
bibliothèque...
Oui, mais ça vous ÉNERVE.
Ca vous énerve d'autant plus que vous ne pouvez même plus vous en
procurer un nouvel exemplaire : le roman n'est plus disponible à la
vente.
Mais un beau jour...
******
Un beau jour, j'ai fini par me rappeler que ce fameux livre, La santé par les
plantes de M'sieur Mizio, je l'avais tout simplement prêté à une amie.
J'ai eu récemment la confirmation qu'il était toujours chez elle et
c'est ainsi que j'ai pu le récupérer vendredi dernier.
Ses pages sont moins blanches que dans mes souvenirs, il a vieilli dans
une autre bibliothèque que la mienne. Mais punaise... quel soulagement !
Dans la niaise euphorie des retrouvailles, je l'ai relu d'une traite. Je crois bien que j'ai autant ri que la première fois.
NB : certains des livres de Monsieur Mizio ne sont plus officiellement
disponibles à la vente, mais vous pouvez encore les commander en vous adressant à l'auteur (si j'ai bien compris, ce qui n'est pas certain, vu que je comprends toujours tout de travers, comme vous le savez).
La vente directe, y'a qu'ça d'vrai. Le vin est toujours
meilleur quand il a encore le parfum de la sueur du vigneron (et pas
celui de l'eau de toilette du vendeur de chez Leclerc-vins).
17 avril 2009

Le pain noir, c'est bien beau, mais ça fait chier
"C'est quoi le contraire de beau-fixe, au juste ?"
"- Moche-mobile."
"- Alors bienvenue à Moschmobyl."

Peint sans lunettes. Une lettre de motivation commençait à me courir sur le haricot, alors hop, barbouillage.
15 avril 2009
Perros toujours








